OSINT et renseignement en sources ouvertes en Afrique
L’OSINT (Open Source Intelligence), ou renseignement en sources ouvertes (ROSO), consiste à collecter, vérifier et analyser des informations accessibles légalement à tous : presse en ligne, réseaux sociaux, registres publics, archives, images et vidéos publiées.
Cabinet 86 met l’OSINT au service des décisions de ses clients en Afrique : due diligence réputationnelle sur des partenaires et des dirigeants, cartographie d’acteurs et de réseaux, détection d’opérations d’influence et de désinformation, veille sur le contexte politique et économique, investigation numérique avant ou pendant une crise. Nous travaillons depuis nos bureaux de Paris et d’Abidjan, et intervenons à Dakar, Conakry, Casablanca et Rabat.
Qu’est-ce que l’OSINT ?
Le terme vient du monde du renseignement, où il désigne une discipline de collecte, aux côtés du renseignement humain ou technique. En français, on parle de renseignement en sources ouvertes, ou de renseignement d’origine sources ouvertes (ROSO). Une source est ouverte lorsque n’importe qui peut y accéder légalement, gratuitement ou contre paiement, sans ruse ni intrusion.
L’OSINT est une méthode : partir d’une question précise, collecter largement, vérifier chaque élément, croiser les sources, puis livrer une analyse qui distingue ce qui est établi de ce qui reste une hypothèse. Journalistes d’investigation, cellules de fact-checking, chercheurs et équipes d’intelligence économique forment une communauté OSINT très active. Nous appliquons ses méthodes à la réputation, à l’influence et à la décision.
Accessibles légalement à tous, gratuitement ou contre paiement.
- Presse en ligne
- Réseaux sociaux
- Registres publics
- Archives
- Images et vidéos publiées
- Groupes privés
- Faux profils
- Intrusion dans un système
- Données piratées ou fuites illicites
- 1Une question précise
- 2Collecter largement
- 3Vérifier chaque élément
- 4Croiser les sources
- 5Établi ou hypothèse
Ce que nous faisons avec l’OSINT
Due diligence réputationnelle
Avant de signer avec un partenaire, de nommer un dirigeant ou d’entrer dans un projet, nos clients veulent savoir ce que l’on trouve à son sujet : mises en cause dans la presse, contentieux publics, liens d’affaires, prises de position, controverses en ligne. Nous établissons ce profil réputationnel à partir de sources ouvertes, avec le niveau de confiance de chaque information. Cette vérification complète, sans les remplacer, les contrôles juridiques et de conformité. Voir aussi notre offre de réputation des dirigeants.
Cartographie d’acteurs et de réseaux
Qui parle d’un sujet, qui relaie qui, qui anime quels médias et quelles pages ? Nous identifions les acteurs qui structurent une conversation, leurs liens et leurs audiences, et nous les représentons sous forme de graphes et de fiches lisibles par un comité de direction.
Détection des opérations d’influence et de désinformation
Comptes créés en série, publications synchronisées, faux médias, contenus recyclés d’un pays à l’autre : l’OSINT permet de repérer une campagne coordonnée, d’en reconstituer la chronologie et d’en mesurer la portée réelle. Les hypothèses d’attribution sont formulées avec leur niveau de confiance, jamais présentées comme des certitudes. C’est le socle de notre offre de lutte contre la manipulation de l’information.
Veille sur le contexte politique et économique
Élections, remaniements, réformes sectorielles, tensions sociales, positions des bailleurs : nous suivons dans la durée ce qui peut affecter un projet ou une organisation, et nous livrons des notes de situation qui relient les signaux faibles aux décisions à prendre. Voir notre offre de veille stratégique et d’e-réputation.
Investigation numérique avant et pendant une crise
Avant une crise, l’OSINT révèle les vulnérabilités : informations sensibles déjà publiques, anciens contenus qui peuvent ressortir, comptes qui usurpent votre identité. Pendant la crise, il établit l’origine d’un document, d’une image ou d’une rumeur, et documente sa propagation pour éclairer la décision. Notre cellule de communication de crise en Afrique s’appuie sur ces éléments.
Ce qui change en Afrique
Les méthodes OSINT ont surtout été formalisées dans des environnements où X, les bases de données ouvertes et les registres numérisés abondent. Sur le continent, le terrain est différent, et une enquête doit en tenir compte.
- Facebook et TikTok. Pages d’information, pages communautaires, comptes influents et vidéos courtes portent une grande part du débat public, bien plus que X.
- WhatsApp. Les groupes privés ne sont pas des sources ouvertes et nous n’y entrons pas. Nous suivons leurs reflets publics : statuts, captures reprises sur Facebook, médias qui citent « des messages qui circulent ».
- La presse en ligne. Nombreuse et réactive, elle reprend et réécrit vite. Retrouver la première publication d’une information est souvent la clé d’une enquête.
- Les radios. Elles restent un média de premier plan, et leurs émissions, de plus en plus rediffusées en ligne, sont des sources à part entière.
- Le multilinguisme. Une partie de la conversation se tient en wolof, en pular, en soussou, en malinké, en dioula, en arabe ou en darija. Nous l’intégrons avec des relecteurs locuteurs et des outils de transcription et de traduction dont chaque résultat est vérifié.
- Les registres publics. Registres du commerce, journaux officiels, avis de marchés publics, décisions de justice publiées : leur accès en ligne varie d’un pays à l’autre, et leur lecture demande de connaître les institutions locales.
Notre bureau d’Abidjan nous donne cette lecture du terrain au quotidien.
Notre méthode : le cycle du renseignement
Chaque mission suit les cinq étapes du cycle du renseignement. Ce sont aussi les bonnes pratiques OSINT que nous recommandons à toute équipe qui se lance :
- 1. Le besoin. Une question précise, formulée avec vous : quelle décision l’enquête doit-elle éclairer, sur quel périmètre, dans quel délai ?
- 2. La collecte. Une collecte large et traçable : chaque élément est capturé, horodaté et archivé avec sa source, pour pouvoir être retrouvé et vérifié.
- 3. La vérification. Recoupement des sources, contrôle des dates, des lieux et des auteurs, recherche de l’origine des images et des documents. Une information non vérifiée est signalée comme telle.
- 4. L’analyse. Mise en relation des faits, hypothèses explicites et niveaux de confiance, distinction entre ce qui est établi, probable ou seulement possible.
- 5. La restitution. Un livrable adapté à la décision : note de synthèse, cartographie, chronologie ou dossier de preuves, présenté par les consultants qui ont mené l’enquête.
Nos pratiques s’inspirent des standards publics de la communauté OSINT, notamment du Protocole de Berkeley sur les enquêtes numériques en sources ouvertes, publié avec le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme.
Outils OSINT : ce que nous utilisons
Les outils OSINT évoluent vite, et aucun ne remplace l’analyste. Nous combinons plusieurs familles d’outils, publics ou commerciaux, choisis selon la mission :
- Recherche avancée. Moteurs de recherche, opérateurs booléens et requêtes construites pour croiser noms, lieux, organisations et langues.
- Images et vidéos. Recherche inversée, lecture des métadonnées, géolocalisation et chronolocalisation pour dater et situer un contenu.
- Archives du web. Pages et comptes supprimés, versions successives d’un site, historique des publications.
- Domaines et sites. Historique d’enregistrement des noms de domaine et des hébergements, pour relier entre eux des sites d’apparence indépendante.
- Veille médias et réseaux sociaux. Plateformes de monitoring de la presse et des réseaux, avec des alertes paramétrées sur vos sujets.
- Cartographie. Outils d’analyse de réseaux pour représenter les liens entre comptes, pages, médias et organisations.
- Intelligence artificielle. Transcription, traduction, tri de grands volumes de contenus et repérage de schémas. L’IA accélère la lecture, mais chaque conclusion est vérifiée par un analyste.
Un cadre éthique et légal strict
Notre travail repose sur des règles simples, qui protègent nos clients autant que les personnes étudiées :
- uniquement des sources publiquement accessibles ;
- aucune intrusion dans un système, aucun contournement de mot de passe ou de restriction d’accès ;
- aucune infiltration de groupes privés, aucun faux profil, aucune usurpation d’identité ;
- aucune exploitation de données piratées ou issues de fuites illicites ;
- des données personnelles collectées seulement si la mission l’exige, conservées le temps utile, puis supprimées.
Nous appliquons le RGPD en France et en Europe, les lois de protection des données personnelles des pays africains où nous intervenons, et les principes de la Convention de l’Union africaine sur la cybersécurité et la protection des données à caractère personnel, dite Convention de Malabo. Nous ne sommes pas juristes : dès qu’une mission soulève une question de droit, nous travaillons avec nos partenaires avocats ou avec les vôtres.
Des missions de terrain en Afrique
Nos missions sont confidentielles. Sans citer de clients, voici trois exemples de missions qui s’appuient sur la veille en sources ouvertes :
- Sénégal. Accompagnement en communication numérique politique et veille stratégique.
- Guinée, à Conakry. Communication numérique d’un acteur minier de premier plan et veille sur la conjoncture politique et économique du pays.
- Maroc, à Rabat et à Casablanca. Accompagnement ministériel en communication numérique politique et veille stratégique.
Nous intervenons aussi en Côte d’Ivoire depuis notre bureau d’Abidjan et avons déjà mené des missions à Madagascar. Notre zone d’intervention couvre également le Cameroun, la République démocratique du Congo, le Gabon, le Bénin, le Togo, le Congo-Brazzaville et la Tunisie.
OSINT, veille stratégique et intelligence économique
L’OSINT est l’un des piliers de l’intelligence économique et de la veille stratégique. La veille suit un sujet dans la durée ; l’OSINT répond à une question précise, souvent en profondeur et sous contrainte de temps. Chez Cabinet 86, les deux se complètent : la veille détecte le signal, l’enquête en sources ouvertes l’explique, et le conseil en tire une décision de communication.
Vous avez une question à instruire, un partenaire à vérifier ou une campagne à comprendre ?
Parlons-en lors d’un premier échange confidentiel de 45 minutes, à Paris, à Abidjan ou à distance.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que l’OSINT ?
L’OSINT (Open Source Intelligence), ou renseignement en sources ouvertes (ROSO), est la collecte, la vérification et l’analyse d’informations accessibles légalement à tous : presse, réseaux sociaux, registres publics, archives, images et vidéos publiées. Cabinet 86 l’utilise pour la due diligence réputationnelle, la cartographie d’acteurs, la détection des campagnes de désinformation et la veille stratégique.
L’OSINT est-il légal ?
Oui, lorsqu’il se limite aux sources publiquement accessibles et respecte le droit des données personnelles. Nous n’entrons dans aucun système, n’infiltrons aucun groupe privé, ne créons aucun faux profil et appliquons le RGPD comme les lois africaines de protection des données, avec nos partenaires avocats.
Quelle différence entre OSINT et veille stratégique ?
La veille stratégique suit un sujet dans la durée et signale ce qui change. L’OSINT est une méthode d’enquête qui répond à une question précise : qui est derrière un site, d’où vient une image, quels liens unissent deux acteurs. La veille détecte le signal, l’OSINT l’explique.
Faites-vous de l’OSINT en Afrique ?
Oui. Depuis nos bureaux de Paris et d’Abidjan, nous menons des missions en Côte d’Ivoire, au Sénégal, en Guinée et au Maroc, à Dakar, Conakry, Rabat et Casablanca, en tenant compte des usages locaux : Facebook, TikTok, reflets publics de WhatsApp, presse en ligne, radios et sources en langues nationales.
Quels outils OSINT utilisez-vous ?
Plusieurs familles d’outils, publics ou commerciaux : recherche avancée, recherche inversée d’images, archives du web, historique des noms de domaine, monitoring des médias et des réseaux, cartographie de réseaux et intelligence artificielle pour la transcription et la traduction. Aucun outil ne remplace la vérification humaine.
L’OSINT permet-il de détecter une opération d’influence ?
Oui. Comptes créés en série, publications synchronisées, faux médias et contenus recyclés laissent des traces publiques. Nous les documentons, mesurons la portée réelle de la campagne et formulons des hypothèses d’attribution avec leur niveau de confiance, avant de recommander une réponse proportionnée.